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Édition du 15/09/2026Numéro 1Magazine en tiers

Ovale Garonne

Le ballon ovale au cœur de Bordeaux et de la Gironde

Stade Chaban-Delmas : histoire, tribunes et matchs de l’UBB

Chaban-Delmas en chiffres et en repères : 32 930 places, quatre tribunes, la première pierre de 1924 et les habitudes d’un soir de match place Johnston.

Par La rédaction d'Ovale GaronnePublié le Relu avant publication

Vue aérienne du stade Chaban-Delmas un jour de match, toitures des tribunes ceintes d'arbres, rames de tramway et supporters convergeant vers les grilles.
Vue aérienne du stade Chaban-Delmas un jour de match, toitures des tribunes ceintes d'arbres, rames de tramway et supporters convergeant vers les grilles. Image générée pour ce magazine, elle ne documente ni un match ni un club réel.
Premier pas
Arriver place Johnston en avance pour passer les contrôles sans courir.
À vérifier auprès du club
L'accès en transport et les horaires d'ouverture les soirs de match.
Ce que la source ne publie pas
La page Wikipédia ne publie pas le détail des cheminements en transport en commun les soirs de match.

Vous cherchez l’histoire du stade municipal de Bordeaux, le détail de ses tribunes et ce que vous y vivez les soirs de match de l’Union Bordeaux Bègles ? Vous trouvez ici l’adresse, les capacités par tribune, la construction en béton sans piliers et les Coupes du monde accueillies, telles que la page Wikipédia les publie.

Le stade Chaban-Delmas se tient place Johnston à Bordeaux, dans le département de la Gironde, comme élément principal de l’espace sportif du parc Lescure. La Ville de Bordeaux en est la propriétaire, la surface est en pelouse naturelle et les dimensions indiquées sont de 105 mètres par 68 mètres. La capacité actuelle est de 32 930 places assises après des travaux de mise aux normes. Vous le voyez à proximité de l’hôpital Pellegrin et proche du centre-ville, avec ses surnoms de Chaban et de Lescure.

Que reste-t-il du parc de 1924 ?

En 1912, un terrain de 15 hectares appartenant à la famille Johnston est vendu à un consortium d’entrepreneurs bordelais pour être loti, sur un morcellement de la propriété de Lescure. Le secteur, alors juste à l’extérieur du boulevard périphérique, est occupé par des fermes polyvalentes et des parcelles viticoles, puis la première guerre mondiale retarde le projet. En 1923, sept hectares ne sont toujours pas construits en raison de la proximité avec le lit du Peugue. Sous l’impulsion du maire Fernand Philippart, le terrain restant est rétrocédé à la société immobilière des Sports pour y construire un Parc des Sports.

L’architecte Cyprien Alfred-Duprat, déjà connu pour la maison cantonale de la Bastide, dessine ce premier ensemble. Le parc des sports de Bordeaux est inauguré le 30 mars 1924 comme un stade polyvalent, avec une piste elliptique de 400 mètres pensée notamment pour des courses cyclistes. Des difficultés financières obligent la société gérante à vendre en 1932, la vente du terrain à des promoteurs est évoquée, puis la ville de Bordeaux rachète pour maintenir la vocation sportive. Il ne reste aujourd’hui plus rien du premier stade, à part la première pierre posée, encore visible dans un recoin de l’actuel stade.

Pourquoi un nouveau stade en 1933 ?

En 1933, le maire Adrien Marquet décide de construire le nouveau stade, dans un vaste plan de travaux publics d’architecture Art déco qui inclut la nouvelle Bourse du travail, la piscine Judaïque, le bâtiment de tri postal et les abattoirs. L’architecte Raoul Jourde, auteur de la Régie municipale du gaz et d’électricité construite en 1930, est choisi pour le projet. Comme le précédent, ce nouveau stade est conçu pour être polyvalent, selon l’usage de l’époque. Il doit aussi être l’emblème de la ville dans sa vie sportive et dans sa modernité architecturale, comme le deuxième Parc des Princes à Paris, le Stadium municipal à Toulouse et le stade de Gerland à Lyon, que vous pouvez replacer dans l’histoire des stades et des rendez-vous du rugby à Bordeaux.

Il ne reste du premier stade que la première pierre de 1924, encore visible dans un recoin de l'enceinte.

Comment tiennent les tribunes sans piliers ?

Le projet de Raoul Jourde est audacieux, car il veut des tribunes entièrement couvertes sans aucun pilier pour ne pas cacher la vue des spectateurs. Il s’appuie sur les dernières découvertes de la construction en béton, avec des tribunes en double porte à faux recouvertes de fins voutains de béton en double cintrage. Le poids des voutains de couverture est compensé par l’arrière de la tribune qui repose dans le vide. L’ingénieur italien Egidio Dabbeni, chargé de l’ingénierie des structures entre 1933 et 1935, utilise une technique de coffrage étanche en forme de voile dans lequel il coule du béton liquide. La page Wikipédia présente ce stade de style moderniste comme le premier stade du monde avec des tribunes couvertes sans aucun pilier.

Les plans innovants suscitent la méfiance du comité d’architectes de la ville, qui multiplie les rapports d’expertise sur la faisabilité. Dabbeni change plusieurs fois les dimensions des voutains, le budget explose et Jourde démissionne. Son rival Jacques D’Welles le remplace de 1935 à 1938. Bien qu’il ait conçu les plans originaux et dirigé la première phase des travaux, le nom de Raoul Jourde ne figure pas sur la plaque inaugurative. D’Welles garde l’idée des tribunes en béton couvertes sans piliers, ajoute un deuxième signal à l’entrée du stade annexe et place désormais les escaliers d’accès à l’extérieur.

Quelle architecture voyez-vous autour de vous ?

Très inspiré par l’art déco, Raoul Jourde prévoit une grande arcade géométrique sur le boulevard Antoine-Gautier, devenu le boulevard du Maréchal Leclerc, un long signal blanc inspiré d’un bouchon de radiateur de voiture et des gouttières géométriques dont le sommet triangulaire rappelle les vasques d’un stade antique. Vous retrouvez les mêmes sources pour le stade d’athlétisme annexe, avec des motifs géométriques et des voutains de béton pour les gradins du mur de pelote basque. Les vases monumentaux de la cour d’honneur du parc Lescure sont l’œuvre du céramiste René Buthaud. La présentation détaillée du stade rappelle aussi le rôle du sculpteur Marcel Damboise et du sculpteur Alfred Janniot en 1938, de l’architecte Guy Dupuis en 1986 et de Michel Moga en 1998.

Où vous asseyez-vous un soir de match ?

Vous avez le choix entre quatre ensembles bien identifiés. La Tribune Présidentielle, dite officielle, compte 12 100 places, la Tribune de Face, dite latérale, compte 12 000 places, le Virage Sud compte 5 200 places et le Virage Nord compte 5 200 places. Les sièges sont de couleur grise, avec une tribune présidentielle marine qui porte les inscriptions UBB. La pelouse naturelle s’étend sur 105 mètres par 68 mètres, ce qui vous donne un recul assez court depuis les tribunes latérales et un rapport frontal depuis les virages. Si vous venez pour l’Union Bordeaux Bègles, vous lisez le stade comme un lieu de rugby, avec une tribune présidentielle qui affiche clairement l’ancrage du club résident.

Qui a occupé Lescure avant l’UBB ?

Le parc Lescure est inauguré le 12 juin 1938 à l’occasion du match de la Coupe du monde de football qui oppose le Brésil à la Tchécoslovaquie, surnommé la Bataille de Bordeaux en raison de la rare violence de la rencontre. Un an plus tard, le rugby à XIII, très en vogue à l’époque, remplit le stade avec un France Galles qui donne aux Français leur première victoire en tournoi international. Le lieu accueille ensuite les arrivées du Tour de France, le premier titre de champion de France professionnel des Girondins en 1950, des phases finales du championnat de France de rugby, des matchs de hockey sur gazon et même de la boxe. Le Football Club des Girondins de Bordeaux y joue de 1938 à 2015, tandis que l’Union Bordeaux Bègles, qui évolue en Top 14, y joue depuis 2011 et en devient le club résident à partir de juin 2015, quand les Girondins déménagent au Stade Atlantique. Vous pouvez suivre ce basculement vers le rugby professionnel avec le guide de l’UBB et du Top 14 à Bordeaux.

Quels mondiaux avez-vous manqués à Lescure ?

Le stade municipal accueille deux matchs de la Coupe du monde de football de 1938, le quart de finale entre la Tchécoslovaquie et le Brésil remporté deux buts à un par le Brésil, puis le match pour la troisième place remporté quatre buts à deux par le Brésil contre la Suède, alors que le stade ne compte que 25 000 places. Pour la Coupe du monde de football de 1998, il accueille cinq matchs de poules et un huitième de finale, avec une affluence indiquée de 31 800 spectateurs pour chaque rencontre, dont Italie Chili deux buts partout le 11 juin, Écosse Norvège un but partout le 16 juin, Belgique Mexique deux buts partout le 20 juin, Arabie saoudite Afrique du Sud deux buts partout le 24 juin, Argentine Croatie un but à zéro le 26 juin et Roumanie Croatie zéro à un le 30 juin. Il accueille aussi deux matchs de poule de la Coupe du monde de rugby à XV de 1999, France Namibie 47 à 13 le 8 octobre et Fidji Canada 38 à 22 le 9 octobre, puis quatre matchs de la Coupe du monde de rugby à XV de 2007, soit le quatrième mondial de son histoire.

Pourquoi la rénovation reste-t-elle contrainte ?

En 1986, une première vague de travaux confiée à l’architecte Guy Dupuis supprime la piste cycliste et relève les gradins, ce qui porte la capacité à 40 000 places. Le premier match dans cette configuration a lieu le 8 février 1987 contre Everton. Pour la Coupe du monde de football de 1998, la rénovation confiée à Michel Moga modernise les équipements, transforme toutes les places en places assises et ajoute sur l’annexe un centre de presse reconverti depuis en salle omnisports. Les rénovations de 1938, 1987, 1998 et 2008 se lisent dans un cadre protégé, avec le label Patrimoine du XXe siècle en 2007, le label Architecture contemporaine remarquable en 2017 et l’inscription aux monuments historiques le 24 octobre 2022 pour le stade et les installations sportives adjacentes du domaine Lescure, à l’exclusion des bâtiments construits dans les années 1990. Le toit ne couvre pas les places construites après 1984 sur l’ancien vélodrome et les virages, et les contraintes techniques de la voûte en béton sans pilier compliquent tout projet.

L’affluence record indiquée est de 40 211 spectateurs pour Bordeaux Juventus le 24 avril 1985. Le stade a aussi accueilli un concert du groupe Dire Straits le 3 septembre 1992 devant 42 000 spectateurs, une étape de l’IRB Sevens World Series les 28 et 29 mai 2004 et trois concerts de Johnny Hallyday, le 13 juillet 2003 avec Yannick Noah en première partie, le 20 juin 2009 avec Christophe Maé en première partie et le 11 juillet 2012. L’équipe de France de football y a joué trois matchs amicaux, contre l’Autriche un but à zéro le 28 mars 1984 devant 20 000 spectateurs, contre l’Espagne deux buts à un le 23 mars 1988 devant 14 441 spectateurs et contre la Tchéquie deux buts partout le 17 août 1994 devant 15 000 spectateurs. Le rugby à XIII y tient une belle place après la guerre avec Bordeaux XIII et des matchs internationaux contre les Britanniques, les Australiens et les Néo-Zélandais devant 25 ou 30 000 spectateurs, avant de décliner à partir de 1960, après l’interdiction par l’État français en 1940 et un match de la première Coupe du monde entre la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande devant 15 000 spectateurs en 1954.

Comment préparer votre venue place Johnston ?

Vous arrivez place Johnston à Bordeaux, sur un site dont Ovale Garonne décrit les tribunes et les abords dans le panorama des stades de rugby à Bordeaux. Vous repérez la Tribune Présidentielle si vous cherchez une vue latérale couverte, la Tribune de Face pour la vue opposée, et les Virages Nord et Sud pour une ambiance populaire. La page Wikipédia ne publie pas le détail des cheminements en transport en commun les soirs de match, mais elle donne le point d’ancrage utile, l’adresse, la proximité du centre-ville et de l’hôpital Pellegrin, et la nature du sol en pelouse naturelle qui explique l’attention portée à l’état du terrain. Vous prévoyez une arrivée en avance pour passer les contrôles, lire les inscriptions UBB en présidentielle et observer la voûte en béton, les signaux blancs et l’arcade géométrique.

Lors de votre prochaine venue, cherchez la première pierre de 1924 dans un recoin du stade, puis comparez depuis votre siège la portée du toit au-dessus des tribunes historiques et l’ouverture au-dessus des virages.

Lieux, histoire et rendez-vous du rugbyédition du Revenir au cahier

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